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En pleine crise du COVID-19, les candidat.e.s GISA en lice défendent l’idée d’un changement institutionnel

Couverture des élections GISA du semestre de printemps 2020 par The Graduate Press

par Anne Lee Steele and Isabela Carrozza Joia
Traduit par Adriana Stimoli
Publié par the Graduate Press en anglais, le 24 avril 2020

Mardi 21 et jeudi 23 avril derniers, 15 candidats et candidates en lice pour une place au sein de the Graduate Institute Student association (GISA), ont débattu et présenté leurs profils respectifs au reste du corps estudiantin de l’IHEID.

En jeu: les postes de président, VP pour les étudiants en Master, trésorier et coordinateur d’évènements, tous à repourvoir au sein de GISA. Les candidats ont donc exprimé leurs points de vue sur un large choix de problématiques, le tout retransmis en direct à plus de 50 étudiants via la plateforme de vidéoconférence en ligne, Zoom. Ce genre d’exercice virtuel est une première ; la retransmission intégrale des débats via Zoom comme la participation virtuelle des étudiants constituent à ce titre des évènements inédits. 

Les candidats ont répondu à des questions pour le moins difficiles, formulées par différents étudiants de l’IHEID. Des interrogations concernant des sujets divers, allant du soutien financier en faveur des élèves, de la responsabilité institutionnelle de l’Institut, à celles concernant sa politique de transparence et les réformes qui seraient à envisager au sein même de GISA. Les candidats en lice ont tous su proposer des solutions – de nature numérique ou plus tangible – et ont adressé le challenge que représente l’accueil des futurs étudiants de l’Institut. Surtout ils et elles ont exposé leurs stratégies de négociation face aux membres actuels comme futurs de l’administration de l’IHEID. Mais encore, les candidats et candidates auront également relevé le manque important de politiques en faveur du bilinguisme à l’Institut, et proposé à ce titre plusieurs pistes pour y remédier. 

En somme, mais aussi en rappelant que les élections ont lieu aujourd’hui 24 et demain 25 avril, les diverses questions du public comme les réponses des candidats ont laissé apparaître un corps étudiant profondément divers – voire divisé – tant dans ses opinions que dans sa conception du rôle de GISA comme lien principal entre l’Institut et les étudiants. Toutefois, tous les candidats ont semblé unis par un même désir de changement relatif tant à un niveau institutionnel que plus propre à la communauté étudiante. Durant les débats, un esprit collectif était ainsi bel et bien présent – ce malgré la pandémie du COVID-19 et les bouleversements qu’elle induits sur le quotidien de tout un chacun. 

Premier débat : course à la présidence et au poste de coordinateur d’événements

Le premier débat qui s’est tenu le 21 avril, a commencé par une déclaration d’ouverture de la présidente actuelle de GISA, Jasmine Pokuaa Oduro-Bonsrah (MA, Études de développement). Une fois les règles du débat définies, le premier tour a débuté par les présentations des candidats en lice pour le poste de coordinateur d’événements, suivies de celles des deux candidats à la présidence de l’association.

Dans sa déclaration d’ouverture, la candidate à la coordination des événements Ailin Allelen Benitez Cortés (MA, Études du développement) a souligné son désir de faciliter la vie de la communauté étudiante grâce à des événements universitaires et sociaux inclusifs. Aline Shaban (MA, Relations internationales et science politique) a quant à elle relevé l’importance de promouvoir le bilinguisme au sein de l’Institut. Les deux candidates ont l’une comme l’autre rappelé la nécessité de s’engager plus largement avec la ville de Genève. Romina Pezzo (MA, Droit international) a aussi insisté sur la nécessité de mettre en place de nouveaux événements, adaptés aux familles d’une part et qui « amélioreraient l’interaction entre les différentes initiatives » de l’autre. Un argument également défendu par Milena Niehaus (MA, Affaires internationales) qui a par ailleurs souligné la nécessité de travailler en tandem avec les ressources et les réseaux déjà disponibles au sein de l’Institut. 

Ainsi, les débats quant au poste de coordinateur d’événements ont principalement abordé les sujets suivants : la nécessité d’une meilleure coordination entre les initiatives (en particulier en ce qui concerne leur financement), les possibles scénarios et solutions à mettre en place au mois d’août pour assurer l’accueil des étudiants malgré la crise du COVID-19, et finalement la façon dont le rôle de coordinateur pourrait se voir bouleversé par l’éventuelle fermeture prolongée de l’Institut. 

Par la suite, les candidats au poste de président ont exprimé des perspectives parfois diverses, semblant illustrer par-là les éventuelles écoles de pensée différentes présente au sein même du corps étudiant de l’IHEID. Dans sa déclaration d’ouverture, Alexa Burk (PhD, Histoire internationale) a ainsi présenté un profil plus axé sur le « renforcement de la communauté », la « communication » et la « transparence » ; des objectifs fondés notamment sur son travail avec the Welfare Commitee. Pour sa part, Kingdom Fungai Karuwo (MA, anthropologie et sociologie) a partagé ces perspectives, arguant également en faveur d’un leadership « accessible » et « facile d’approche ». A ce sujet, il a suggéré l’éventuelle mise en place de moyens permettant ce contact plus direct, à l’instar de campagnes « Meet your Gisa Initiatives ». Sargun Lalia (MA, Affaires internationales) quant à elle, a souligné la nécessité de renforcer les opportunités de développement de carrière des étudiants, ce grâce à des initiatives qui prendraient la forme d’un programme de recrutement déployé sur le campus. Lalia a aussi proposé la mise en place de partenariats avec des organisations et institutions présentes à Genève, insistant sur des perspectives d’innovation et de collaboration.  

Au cours des débats, les trois candidats ont répondu à des questions qui ont révélé leur vision respective du leadership. Interrogés sur leurs tactiques de négociation face à l’administration, les trois candidats ont d’abord reconnu l’importance de défendre les besoins des étudiants, et ont exemplifié leurs idées respectives. Burk a défini son approche comme une « escalation » établie dans le but de rendre le processus avant tout transparent pour le corps étudiant. Karuwo a quant à lui défendu la perspective d’une approche partant des étudiants eux-mêmes, afin de placer le problème « au-delà des mails et des médias sociaux ». Lalia, à son tour, a exprimé l’importance de la communication, affirmant qu’elle assurerait l’unité des étudiants, rendant également leurs préoccupations plus visibles pour l’administration. 

Curieusement, aucune question n’a été posée aux candidats respectifs quant à la politique de bilinguisme au sein de l’Institut. Mais encore, la question des éventuels impacts comme conséquences de la crise actuelle du COVID-19 n’a pas été soulevée par le public. 

Deuxième débat : course à la VP des Masters et au poste de trésorier

Le deuxième tour des élections, qui s’est tenu ce jeudi 23 avril, a débuté avec un rappel des règles émis par l’actuel Administrative Director, Antonio García (MA, Études du développement). Puis, les discours d’ouverture des candidats en lice pour la trésorerie et la vice-présidence des Masters ont suivi. A ce stade, préciser que les débats de ce deuxième tour furent quelque peu plus corsés que ceux du premier, relèverait sans doute de l’euphémisme. 

Bien que leurs profils diffèrent dans l’approche choisie, les deux candidates au poste de trésorière ont évoqué la même nécessité d’une plus grande transparence dans le processus de budgétisation de GISA, tout en adressant les différents commentaires et questions formulés lors du premier tour des élections.

Dans son allocution d’ouverture, Luise Garleff (MA, Études sur le développement) a exprimé la nécessité d’un processus budgétaire participatif et ouvert. Un objectif qu’elle compte poursuivre à travers des actions précises, à l’instar de l’amélioration du site Web de GISA. Par ailleurs, Garleff a déclaré qu’elle ferait pression pour un budget plus élevé accordé par l’Institut, se disant également favorable à la recherche d’autres sources de financement. Pour sa part, Madlene Scheiderer (MA, droit international) a débuté son discours en français, soulignant les problèmes empêchant actuellement une réforme budgétaire, à l’instar de l’allocation actuelle des fonds disponibles pour les initiatives étudiantes, mais aussi des structures hiérarchiques en place propres à ’une politique institutionnelle précise. Scheiderer s’est concentrée sur ses objectifs pour rectifier ces obstacles, mentionnant la possibilité de tirer parti du changement de leadership de l’Institut, ainsi que la recherche de façons nouvelles et créatives pour combler les lacunes actuelles de financement.

Les débats quant à la reprise du poste de trésorière se sont finalement terminés par une série de questions qui ont permis aux candidates de s’exprimer sur différents sujets. Elles ont ainsi abordé la répartition équitable des fonds entre les différentes initiatives, la manière dont elles faciliteraient la transparence du processus budgétaire, donnant chacune à ce titre divers exemples pour améliorer l’état général du financement du GISA comme celui des différentes initiatives étudiantes. 

Par la suite, et avec six candidats en lice, le débat quant à la vice-présidence pour les Masters (sans doute le plus attendu) s’est révélé comme le plus complet à de nombreux égards. Tous les candidats ont insisté sur leurs investissements antérieurs au sein de l’Institut, mentionnant leurs engagements précédents en tant que représentants de classe ou leurs implications dans différents projets et initiatives étudiantes.  

Nicole Gonzalez (MA, Relations internationales et sciences politiques) a commencé par plaider pour une communication claire quant aux besoins des étudiants envers l’administration de l’Institut. Elle a entre autres évoqué la nécessité de meilleures directives pour la thèse de mémoire (notamment afin d’assurer un temps de réponse correct de la part des superviseur), d’hébergements au prix abordable et équitable, et le multilinguisme au sein de l’Institut.  Deepashree Maledavar (MA, Etudes du développement) a pour sa part axé sa candidature sur l’amélioration des ressources de la bibliothèque disponibles en ligne comme sur un meilleur accès aux opportunités professionnelles pour les étudiants. Elle a également insisté sur le besoin d’une garantie quant à une plus grande transparence dans l’attribution des bourses. Massimiliano Masini (MA, Études du développement) a lui souligné la nécessité d’un processus plus participatif au sein de la politique étudiante, basé sur une plateforme fondée sur l’appropriation, la participation et la communication.

Abby Naumann (MA, Affaires internationales) a abordé les questions du bilinguisme et des critères de notation. Elle a exprimé son désir d’améliorer les forums et les services existants pour les étudiants, tels que le Master Forum et les services de soutien psychologique. Claire Ransom (MA, Development Studies) a par la suite exprimé sa vision d’une politique de communication approfondie et de transparence plus active. Elle a offert à l’audience un fort plaidoyer pour les « besoins de base » des étudiants : nourriture abordable, options de logement moins chères, mais aussi respect du bilinguisme. Finalement, Jana Sikorska (MA, droit international) a souligné pour sa part la nécessité d’un changement de procédure, passant par la mise en place de directives centralisées, en particulier celles concernant l’amélioration de l’accès à l’aide d’urgence, les critères de notation et la vie estudiantine en générale (à savoir entre les étudiants de l’UNIGE et l’IHEID, comme entre les élèves de master et doctorat).

Par la suite, le débat quant au poste de VP pour les Masters, a repoussé les six candidats jusque dans leurs limites. Tous, ont en effet répondu à des questions pointues, portant sur un large éventail d’interrogations émises par le corps étudiant de l’IHEID. Des questions précises, allant du respect des politiques de bilinguisme à une collaboration plus accrue avec les représentants étudiants de l’UNIGE. Des questions ont également été posées sur la manière de faire face aux différences perçues entre les étudiants issus d’une formation interdisciplinaire et disciplinaire, les tactiques de négociation et la manière dont ils seraient prêts à faire face aux contraintes propres à leur éventuel futur poste. Alors que l’atmosphère était particulièrement tendue, l’actuelle Communications Coordinator, Mukta Dhere (MA, Affaires internationales) a demandé (en français) aux candidats s’ils étaient prêts à participer à des réunions se déroulant entièrement en français, ce dans le cadre de leur activité en tant que VP. Une question difficile à laquelle quatre des candidats ont toutefois su répondre en français – avec un degré de maîtrise certes varié.

En ce printemps 2020, les débats électoraux organisés par GISA ont révélé les changements qui traversent le corps étudiant. Des bouleversements se traduisant par le nombre élevé de candidats comme d’élèves présents dans l’audience ; un taux de participation particulièrement haut, simplement inégalé dans l’histoire récente de l’association. Surtout, ces débats se sont déroulés lors d’un temps institutionnel synonyme de grands changements, provoqués par la crise actuelle du COVID-19 mais qui s’expliquent également de par les attentes diverses et latentes qui pèsent sur la future nouvelle directrice. Si l’issue de ces différents changements reste inconnue, les débats de mardi et jeudi derniers ont démontré la grandissante implication de la communauté IHEID à l’égard de sa vie étudiante. En effet, bien que les candidats et candidates ont révélé des stratégies diverses, chacun et chacune aura su exprimer son ferme engagement envers des préoccupations cruciales à l’ensemble de la communauté IHEID. 


Photo par Element5 Digital on Unsplash

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